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DevOps

sslip.io : un nom de domaine HTTPS pour un serveur qui n'en a pas

J'avais besoin d'une adresse HTTPS propre pour un petit serveur, sans acheter de domaine ni toucher à mes DNS. sslip.io l'a réglé en une ligne. Comment ça marche, comment je l'utilise, et ses limites.

3 octobre 2026 4 min de lecture 211 vues 0 partages

Il y a quelques jours, j'ai eu un problème très concret. Mon assistant de développement (un agent IA que j'ai appelé Joe) fabrique des petits sites, et je voulais pouvoir les ouvrir sur mon téléphone pour les vérifier. Jusque-là, les aperçus passaient par n8n, mon outil d'automatisation. Mauvaise surprise : n8n affiche toute page HTML dans un cadre isolé. Sur un téléphone, la page perdait ses réglages d'affichage et apparaissait comme sur un ordinateur, en tout petit. Impossible de juger un site pensé pour le mobile.

Il me fallait donc une autre adresse, servie directement par un petit serveur à moi, en HTTPS. Le serveur existait déjà. Ce qui manquait, c'était un nom.

Le problème : une adresse IP n'est pas un nom de domaine

Un serveur, c'est d'abord une adresse IP, par exemple 107.172.89.140. On peut taper cette adresse dans un navigateur, mais on n'obtient pas facilement de cadenas HTTPS avec : les certificats gratuits de Let's Encrypt sont pensés pour des noms de domaine. Et sans HTTPS, les navigateurs affichent des avertissements et bloquent une partie des fonctions modernes.

Les solutions habituelles ont toutes un coût : acheter un domaine, ou créer un sous-domaine dans la zone DNS d'un domaine existant, attendre la propagation, puis s'en souvenir le jour où on démonte tout. Pour un outil interne, c'est beaucoup de cérémonie.

Ce que fait sslip.io

sslip.io est un service DNS gratuit et open source (le code est sur GitHub, dans le dépôt cunnie/sslip.io). Son principe tient en une phrase : si l'adresse IP est écrite dans le nom, il répond avec cette adresse IP.

  • 1-2-3-4.sslip.io répond 1.2.3.4 ;
  • 10.0.0.1.sslip.io répond 10.0.0.1 (les points marchent aussi) ;
  • www.192-168-1-1.sslip.io répond 192.168.1.1 : on peut ajouter ce qu'on veut devant.

J'ai vérifié ces trois exemples avant d'écrire cet article, depuis un de mes serveurs. Aucun compte, aucune inscription, aucune configuration : le nom existe déjà, pour n'importe quelle adresse IP.

Comment je l'utilise

Sur mon serveur, Traefik (un routeur web qui sait demander des certificats tout seul) reçoit déjà le trafic de n8n. J'ai simplement ajouté une route pour un nouveau nom :

editeur.107-172-89-140.sslip.io

Ce nom pointe vers l'IP du serveur grâce à sslip.io. Traefik a demandé un certificat à Let's Encrypt pour ce nom, et l'a obtenu : le certificat en place aujourd'hui est bien émis par Let's Encrypt, au nom de editeur.107-172-89-140.sslip.io, valable trois mois et renouvelé automatiquement. Derrière ce nom tourne un petit relais qui sert les aperçus des sites de Joe, sans cadre autour.

Résultat : sur mon téléphone, les pages s'affichent enfin comme elles le doivent. Et comme le relais pose lui-même ses règles de sécurité (en-têtes qui interdisent à la page de contacter autre chose), j'ai gardé le même niveau d'isolation qu'avant.

Les limites à connaître

sslip.io est pratique, mais ce n'est pas une solution universelle. Voici ce que je garde en tête.

  • On dépend d'un service tiers. Si sslip.io tombe ou disparaît, le nom ne répond plus. Pour un outil interne, c'est acceptable. Pour le site d'un client, non.
  • Le nom n'est pas une marque. Une adresse avec des chiffres ne rassure personne. Elle est faite pour moi, pas pour mes visiteurs. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai fini par faire passer les liens d'aperçu par un chemin de mon vrai domaine, que Traefik renvoie vers ce même relais.
  • Certaines box et entreprises bloquent les réponses vers des adresses privées. Un nom comme 192-168-1-1.sslip.io peut être refusé par une protection appelée « anti DNS rebinding ». Avec une IP publique, je n'ai pas eu ce souci.
  • Changer d'IP, c'est changer de nom. L'adresse est écrite dedans. Si le serveur déménage, il faut mettre à jour les liens.

Quand l'utiliser

Je le recommande pour tout ce qui est temporaire ou interne : un aperçu, une démo pour soi, un test de certificat, un service de développement qu'on veut ouvrir sur son téléphone en HTTPS. Dès qu'un vrai public est concerné, un vrai domaine reste le bon choix.

Ce que j'aime dans cet outil, c'est qu'il supprime une étape sans rien cacher : le nom dit exactement où il mène. Pour un développeur qui monte souvent de petits services, c'est une ligne de configuration au lieu d'une demi-heure de réglages DNS.

#Let's Encrypt #HTTPS #DNS #Traefik #Auto-hébergement

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Jordane YENO
Jordane YENO

Développeur web et mobile à Port-Gentil et Libreville. J'écris sur ce que je construis et ce que j'apprends.

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